Les Pré-rencontres
Midi-Pyrénées - La relation à la métropole au cœur des débats sur l'accueil
Le 22 mai, une quarantaine d'acteurs de Midi-Pyrénées se sont retrouvés à Gimont pour échanger sur les dynamiques à l'œuvre dans la région. L'occasion de partager des expériences de d'explorer des pistes pour développer l'accueil : développer les activités culturelles et associatives, redéfinir les relations agglomérations et territoires ruraux, créer un observatoire de l'accueil et développer la coopération entre les territoires ruraux.
La mobilité démographique est au coeur des dynamiques d’organisation du territoire des « Portes de Gascogne ». Tout en développant une politique autonome et ouverte à l’accueil de nouvelles populations le questionnement de la relation à la métropole est aujourd’hui au cœur des débats et de l’orientation des politiques territoriales : maîtriser l’incidence du développement de la métropole régionale dans les politiques territoriales rurales.
Fortement attractif en termes d’habitat de part son positionnement périurbain, le territoire des "Portes de Gascogne" cherche aussi à défendre son identité rurale en oeuvrant pour une autonomie accrue en termes d’emplois. Quelle orientation sur de nouveaux métiers, quelles nouvelles ouvertures économiques pourrait être trouvées en complémentarité aux pôles technologiques toulousains (airbus, agropole, imagerie satellite,…). Le programme Soho-Solo mis en œuvre dans le Gers est une piste possible.
Cette dépendance de plus en plus prégnante de l’emploi par rapport à la métropole a ses conséquences en termes d’organisation sociale locale qui voit une plus forte individualisation des modes de vie.
En réaction à ce constat, des expériences se sont exprimées dans le domaine du lien social qui est aussi vécu comme un moyen de connaître et d’anticiper sur les mouvements démographiques à venir ainsi que sur les motivations et les attentes en termes d’habitat, de services et d’activités.
La cohérence en matière d’habitat conditionne pour partie le rôle des bourgs-centres. Dans ce contexte d’étalement urbain et d’accès à la maison individuelle, cer derniers ont du mal à assumer leur rôle de centre de services à la population.
Globalement les débats ont fait état d’expériences déjà bien engagées mais souvent isolées ou confinées à quelques communes. Les acteurs locaux à l'origine de ces initiatives soulignent tous la nécessité d’un engagement plus global sur le territoire et sont prêts à diffuser leur expérience.
L’intension des débats a été de faire dialoguer les deux phénomènes de « métropolisation » et de « ruralisation » et d’apprécier leurs interconnexions et leur incidence en termes d’attractivité démographique (attractivité de la métropole et incidence sur les territoires ruraux) et de répartition spatiale des populations et de leur conséquence.
Tisser le lien social et redéfinir les relations entre agglomérations et territoires ruraux
Une vie culturelle et associative riche sur les territoires est un bon levier en faveur de l'accueil ; elle permet aux nouveaux habitants de rencontrer et tisser des liens avec les "autochtones". Le maintien de cette vie culturelle pose la question de la professionnalisation, qu'il faut encourager car on constate que le bénévolat s'essoufle.
L'exemple du projet d'éco-construction de l'association "pied à terre en Gascogne" paraît assez exemplaire en terme de création du lien social et de mode de gouvernance.
Autre exemple intéressant, l'Adasea du Gers tente de promouvoir et d'organiser le lien entre les agriculteurs et les nouveaux arrivants du territoire.
Pour développer le lien, il est important de promouvoir la démocratie participative ; il faut alors que la société civile sache se prendre en main, impulser des dynamiques, et ne pas tout attendre des élus.
Les agglomérations captent les richesses amenées par les entreprises qui s'y installent (taxe professionnelle...), alors que de plus en plus, ce sont les territoires ruraux à la périphérie qui doivent se doter des infrastructures lourdes pour accueillir ces populations qui viennent habiter chez elles (cas typique de l'agglomération toulousaine), sans avoir les moyens financiers suffisants pour le faire.
Il faudrait donc envisager un système de redistribution des richesses fiscales que perçoivent les agglomérations, qui permette de doter les territoires ruraux, beaucoup plus pauvres, des moyens nécessaires à l'accueil de ces populations urbaines.
Par ailleurs, si l'on veut que les territoires ruraux ne soient pas les oubliés des politiques d'aménagement du territoire, il faut qu'ils puissent être représentés dans les instances de discussion et de décision (nationales, régionales, locales...). Les actions de lobbying paraissent vitales pour défendre ces territoires.
Observatoire local et coopération, outils de l'accueil
La capacité des territoires de Midi-Pyrénées à accueillir de nouvelles populations dépendra de la connaissance que nous aurons de leurs besoins, de leurs attentes... La mise en place d'un observatoire local, avec une dimension prospective afin de pouvoir anticiper les évolutions, paraît importante.
Des initiatives sont déjà mises en place ici ou là. Il peut être intéressant de partager les diverses méthodologies utilisées et d'avoir accès aux données de chacun, dans un souci d'efficacité.
Enfin, développer la coopération permet l'échange d'expériences entre territoires ruraux. En capitalisant les expériences de chacun, et en échangeant sur ce qui marche ou ce qui marche moins, tous pourront plus efficaces et plus réactifs.
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