Les Pré-rencontres
Franche-Comté - Des appuis méthodologiques à renforcer
C'est le 14 juin que se sont réunis les acteurs de l'accueil de Franche-Comté, à Lajoux dans le Haut Jura. Des initiatives locales contribuent à l'accueil en région, mais un effort de lisibilité reste à faire.
Une quarantaine d'acteurs a été accueillie par M. Blondeau, vice président du Parc naturel régional du Haut Jura en charge de la commission « économie », conseiller général du Jura et maire de Foncine-le-Haut lors de la journée du 14 juin à Lajoux. Jean-Yves Pineau, directeur du Collectif Ville Campagne a ensuite présenté la problématique de l'accueil au niveau national. "8 millions de citadins ont exprimé le souhait d’une installation en milieu rural dont 2,5 millions d’ici 5 ans," a-t-il rappelé.
On observe une mutation économique qui fait évoluer la conception du travail avec le développement de l’auto-emploi et la notion de qualité d’emploi… Les flux migratoires sont plutôt orientés du nord vers le Sud, phénomène à modérer toutefois, puisque les territoires « actifs » en matière d’accueil ont des résultats positifs tant sur le plan de la démographie que de la création d’activités.
Un enjeu pour la Franche-Comté
Avec un solde démographique positif de 0,38 %, la Franche-Comté peine à accueillir de nouvelles populations. En effet ce solde est le fait d’une forte natalité ( 0,37 %) et pour seulement 0,01 %, d’arrivée de nouvelles populations sur le territoire. Une réflexion doit donc s’engager sur les moyens de favoriser cet accueil, source d’un enrichissement économique indéniable. Comment être attractif, comment favoriser l’accueil, quel rôle joue le territoire et ces acteurs ?
La question du foncier et de l’habitat a été soulevée, avec le constat d'un étalement urbain. Cette problématique est encore plus prégnante en périphérie des grandes villes (Lyon, Bourg-en-Bresse, Dôle, Lons-le-Saunier, Vesoul). C’est une donnée importante qui doit être prise en compte dans les politiques d’accueil menées localement. La communauté de communes sont sans doute l’échelle la plus adaptée pour gérer la question de l’habitat (outil PLH à favoriser). Cependant, on note des réticences du côté des communes à déléguer la gestion de leur propre territoire.
Trouver les synergies entre les différentes échelles territoriales
La proximité est un élément qui permet une meilleure adaptation du service d’accompagnement (connaissance du territoire, facilitation des contacts…). A ce titre l’expérience des sites de proximité de Rhône-Alpes est significative puisqu'ils ont développé une méthodologie pour la construction d'une offre d'activités en milieu rural. La multiplicité des échelles territoriales peut apporter de la confusion. Cependant, chacune (Commune, EPCI, Pays, PNR, conseil général, conseil régional) à un rôle particulier qu’il faut pouvoir clarifier et harmoniser.
Projet de territoire et projet individuel sont étroitement liés, ce qui implique que le territoire doit être suffisamment organisé pour mettre du sens dans l‘accueil d’actifs. Ce lien n’est souvent pas formalisé, voir pas établi.
Des initiatives locales
Dans le cadre du programme ELAN-EQUAL , 5 territoires franc-comtois se sont engagés sur l'axe accueil d’activités nouvelles. Le site « enviedecréer.com » (rassemblant les consulaires et le conseil général du Jura) est un portail où les porteurs de projet peuvent trouver toutes les informations nécessaires à leurs démarches de création d’activité. Il est également lié à un numéro vert.
L'expérience sur l’accueil de porteurs de projets touristiques du Parc naturel régional en partenariat avec le CFPPA de Montmorot.
Le PICRE (Parcours Individuel pour la Création et Reprise d’Entreprises)
est un accompagnement individuel de 50 à 200 heures proposé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Ce parcours s’apparente à du « Coaching ». L’accompagnement du porteur de projet est réalisé en binôme (une personne ayant des connaissances sur la gestion d’entreprises et une personne sur le projet global). L’expérience est menée depuis 3 ans. Les résultats de ce dispositif seront évalués cette année.
Constitution d’un groupe de techniciens « accompagnateurs de porteurs de projets » (territoriaux, consulaires, ANPE, organisme de formation…), animé par le Comité de bassin d'emploi du Haut-Jura qui est un lieu d’échange d’information et d’interconnaissance.
A Bletterans, la Communauté de communes a mis en place une ORAC (Opération de Restructuration de l ‘Artisanat et du Commerce). Cependant, l’ORAC est un outil de financement spécifique. L’agent de développement chargé de l’économie souhaite être aidé sur la structuration de son territoire en matière d’accompagnement.
Dans le Doubs central, une réflexion est en cours sur « quelle mission, quel rôle pour le Pays ? Le Pays a élaboré un schéma de développement économique et des outils de communication (travailler au Pays, résider au Pays…). Il a un rôle de médiateur et de coordonnateur, qui doit être mis à profit pour la définition d’une politique cohérente d’accueil.
Sur la Haute-Saône, l’accueil de nouvelles activités est animé par ACTION 70 et les consulaires (accompagnement, orientation, recherche liée à l’installation) qui s’appuie ensuite sur les communautés de communes.
Des perspectives
Le lien « territoire-porteur de projet » sera facilité si la communication entre les élus et les intervenants de l’accueil est constante pour que chacun puisse jouer pleinement son rôle (élus, accompagnateurs, techniciens des collectivités). De même, le retour d’information sur les porteurs de projets (leur demande, leur difficultés…) est nécessaire pour la construction des politiques de développement cohérentes.
Une complémentarité des dispositifs d’accompagnement (collectif, individuel, formation…) doit être clairement affiché sous la forme d’une offre territoriale. Les échanges ont permis de constater qu’il existe de nombreux dispositifs d’accompagnement qui ne rendent pas lisibles l’action menée en faveur de l’accueil. Cette lisibilité est importante d’une part pour établir des complémentarités, accroître leur efficacité et permettre une meilleur communication territoriale et d’autre part vis à vis des financeurs qui souhaitent avoir une vision claire de l’action des territoires et de l’efficacité de leur financement.
Ceci nécessite une animation et donc un « animateur – chef de file » qui doit être légitimé (rôle des Pays ? ) et qui permettent de formaliser une organisation spécifique.
Poursuivre la réflexion
Un programme de formation pour des agents de développement et des élus va voir le jour, via le programme EQUAL Action 3 ELAN_C, sur lequel le Conseil Régional (direction de l’aménagement du territoire, service de la formation professionnelle) et le CNFPT sont très mobilisés puisque au-delà d’appuis financiers au programme, ils sont dans l’équipe en charge de l’élaboration, de la conduite et du suivi de cette action de formation d’acteurs ruraux.
Enfin, pour tous les territoires qui souhaitent aller un peu plus loin dans l’appréhension de cette thématique de l’accueil de nouvelles activités, nouvelles populations, les partenaires du programme EQUAL Action 3 ELAN_C pourront intervenir par un appui méthodologique sur les conditions préalables à l’accueil existant sur les territoires.
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