Les Pré-rencontres
Champagne-Ardenne - Dans l'attente d'un soutien des élus départementaux et régionaux
C'est à l'initiative des pays de Langres et de Chaumont qu'un petit groupe de travail s'est réuni en Haute-Marne le 8 juin après-midi, en amont de l'Université de l'accueil. Les deux pays du sud Champagne souhaitaient interpeller le conseil général de la Haute-Marne et la Région Champagne-Ardenne pour qu'ils mettent en œuvre à leur tour une véritable politique d'accueil afin d'enrayer le déclin démographique. Département et région sont en effet les lanternes rouges de la démographie française. Reste aux élus de ces deux collectivités à se saisir de l'accueil comme enjeu majeur pour les années à venir.
Une dizaine de personnes étaient réunies à Chaumont le 8 juin dernier à l'invitation des pays de Langres et de Chaumont. Elus locaux, techniciens, représentants des conseils de développement avaient souhaité faire le point en présence du conseil général de la Haute-Marne et du conseil régional de Champagne-Ardenne sur les politiques d'accueil à l'œuvre localement. Olivier Denoual, du Collectif Ville Campagne, a d'abord présenté les enjeux de l'accueil et les démarches engagées à diverses échelles territoriales à travers la France. Il a rappelé quelles étaient les principales caractéristiques d'un territoire d'accueil : c'est avant tout un territoire qui affiche un projet d'accueil, après avoir défini une stratégie de l'offre, organisé un accompagnement des nouveaux habitants et mobilisé localement des acteurs et la société civile. Si la tendance est au dépeuplement du grand est au profit des autres régions, Olivier Denoual a cependant rappelé qu'il n'y a pas de fatalité, citant au passage les initiatives de territoires du grand est primés dans le cadre des Trophées de l'accueil décernés lors des trois éditions de Projets en campagne, la foire de l'installation à la campagne : les communes des Voivres, dans les Vosges, d'Esnoms au Val et de Verseilles le Haut, en Haute-Marne ou encore la communauté de communes de Spincourt, dans la Meuse.
Du concret sur les pays
Champagne-Ardenne est aujourd'hui la seule région métropolitaine qui continue à perdre des habitants. A la fin des années 90, trois cantons parmi les plus au sud et les plus dépeuplés de Haute-Marne, réunis au sein de l'association de développement Adecaplan, ont commencé un travail sur l'accueil. Repris depuis à l'échelle du pays de Langres, le thème de l'accueil est également devenu plus récemment une préoccupation du pays de Chaumont. Les deux pays ont participé conjointement à la dernière foire à l'installation à la campagne, ils font connaître ensemble une offre d'accueil plus large, tout en mutualisant leurs moyens… Depuis 2003, l'Adasea, la Boutique de gestion, la Chambre de commerce et d'industrie, la Chambre de métiers et le réseau Gîtes de France/Clévacances ont défini avec le pays de Langres une méthode de travail pour assurer le suivi des candidats. Une série d'engagements a été pris, qui doit être formalisée par la signature d'une convention partenariale entre les deux pays et ces partenaires. Chaque pays travaille également sur les questions d'habitat et de services. "Il nous faut travailler davantage localement sur le développement de la culture de l'accueil, et au-delà de nos territoires, sur la promotion de l'accueil," a expliqué Sonia Gouessan, chargée de mission au pays de Langres. Les élus locaux présents se sont inquiétés de la disparition de nombreux commerces alimentaires et unités de transformation agroalimentaires, faute d'avoir trouvé repreneurs. "De nombreuses entreprises ne sont pas transmissibles, car les cédants n'ont pas maintenu leur outil de travail, a déploré Frédérique Levrero, de la chambre de commerce et d'industrie. Il faut anticiper ces transmissions." Depuis début 2006, un appui à la transmission reprise est testé sur le pays de Langres, grâce à des financements Fisac. La Cellule Haute-Marne Transmission réunit notaires, avocats, banques, centres de gestion agréés… pour accompagner le cédant et le repreneur. Une boîte à outils permet de proposer diagnostic d'entreprise, évaluation patrimoniale, tour de table financier, recherche d'un repreneur… Les actions préconisées par la cellule au niveau de l'entreprise sont financées à 50%. Les repreneurs ciblés se partagent entre les salariés des entreprises concernées et des personnes à accueillir sur le territoire.
Dans l'attente d'un soutien
Les acteurs locaux ont ensuite interpellé les représentants du conseil général de la Haute-Marne et du conseil régional de Champagne-Ardenne. "Nous nous sentons concernés parce que d'autres régions se positionnent sur cette thématique, a expliqué Stéphane Perraud, chargé de mission développement local au conseil régional. Mais il n'y a pas encore de politique régionale de l'accueil." Chargé de suivre les dynamiques de pays, il constate que l'attractivité est un enjeu dans de nombreux contrats de pays, mais seuls les pays de Langres et de Chaumont se mobilisent clairement sur l'accueil. "Les prochains contrats seront l'occasion d'enfoncer le clou," a ajouté Stéphane Perraud. Pour autant, la seule juxtaposition des politiques de pays ne suffira pas. "Un affichage régional doit être assuré !" a insisté Frédérique Levrero. De son côté, Nicolas Lacroix, attaché parlementaire et conseiller du président du conseil général de la Haute-Marne est intervenu pour expliquer la démarche du conseil général. "Nous travaillons tous les jours sur l'accueil de nouvelles populations, à travers la politique des transports, les collèges, les structures d'accueil de la petite enfance, la couverture en téléphonie mobile… On ne l'affiche pas," a-t-il ajouté sans convaincre son auditoire. L'accueil était pourtant l'un des thèmes qui était ressorti des Assises du développement organisées par le conseil général il y a plusieurs années. Les propositions formulées par les acteurs locaux impliqués lors de cette consultation n'ont pas été suivies d'effet. Il avait notamment été proposé la mise en place d'une cellule d'accueil départementale. "Ce qui est sûr, c'est que les pays ne pourront pas s'investir sur une politique de développement durable, si le déclin démographique n'est pas enrayé," a rappelé Sonia Gouessan. "Le gros des actions existe, a confirmé Frédérique Levrero, il faut maintenant le structurer et communiquer autour pour en faire une politique." Donner du sens aux politiques locales, développer la mise en réseau, travailler sur l'accueil des salariés… Il est urgent d'interpeller les élus départementaux et régionaux et urgent d'agir.
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